Archive for mai, 2008

Autant en emporte le Web 2.0

Mercredi, mai 7th, 2008

Google, Flikr, Facebook & Meetic sont vos amis, vos copains pour la vie. Pour la vie de qui ? Ou plutôt la vie de quoi ? L’engouement pour les sites communautaires est apparemment sans précédent. Il semble pourtant que la bulle internet de la fin du vingtième siècle n’ai servi de leçon qu’à peu de gens.

A la lecture empressée de l’article de nota-bene, j’ai enfin trouvé des mots à mettre sur la structure de ce nouveau paradis du web. Un billet alarmiste en forme de mea culpa envers notre dépendance, mon allégeance électronique aux services offerts par les réceptacles gratuits de contenu. Ce que je redoutais sans vouloir y penser viens enfin de faire surface dans l’esprit de Stéphane Deschamps.

Images, vidéos, musique & textes sont semés à tous vents pour partager son humeur et ses plaisirs sur des sites qui se présentent comme votre meilleur ami sur la toile. Comme le bon commerçant du bas de la rue, ils vous garde la clef de l’immeuble, vous rencardent sur les bons plans et vous sussurent les derniers potins en prenant votre monnaie. Le jour où l’épicerie bar tabac fermera,ce n’est pas le rideau métallique qui vous vendra une plaquette de beurre le dimanche matin.

J’ai pratiquement transféré mon bureau sur Gmail, ma vie sur Facebook et mon passé sur Copaindavant.

Les avantages sont sans égal, mon portefeuille ne souffre que l’abonnement mensuel pour la connexion. Quel bonheur de partager ses photos en quelques clics avec la famille, de gérer son emploi du temps grâce à un agenda électronique qui vous envoi des SMS à l’oeil. Je vous dois quelque chose Mr. Google ? Avec des ardoises dans toutes les échoppes, on se dit que la fin du mois va être en croûte de sel. Que nenni !

En réalité la fin du mois n’est pas à craindre, redoutez plutôt la fin du service. On espère que cela sera la plus tard possible et qui sait, peut-être serons nous canés. Un petit scénario catastrophe ? Microsoft rachète pour une somme indécente un concurrent qui malheureusement l’entraîne dans sa chute après un scandale médiatique économiquement mortel. Steve Ballmer ferme le gaz, prend sont portable sous le bras et met la clef sous le paillasson, sans oublier de couper le courant. Non seulement la machine à café émet un dernier glouglou plaintif, la grosse laser de l’entrée souffle enfin et les serveurs se taisent.

“Connexion au serveur impossible. Veuillez réésseayer plus tard”

Vos photos Flickr, vos ébats Meetic et votre Skyblog disparaissent, perdus corps et biens. Après un moment de joie en pensant à la fin de la décharge publique skybloggienne, pas la peine de téléphoner, d’envoyer des mails de protestation. Vous pesterez impuissant devant votre joli 24 pouces, qui ne seront pas de trop désormais lorsqu’il faudra vous les tourner pendant vos journées de bureau éreintantes et vos soirées bullifiantes.

Vous êtes dépendant.

Pas seulement dans le sens émotionnel voire physique. Vous êtes captif d’un système web 2.0 au charme irrésistible. Le jour où il claquera la porte avec les valises pleines de billets en mettant le feu à votre virtualité, il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer sur l’insignifiance et la vacuité de vos activités si vivantes hier encore.

Pourquoi ne pas avoir mis une grosse pancarte à l’entrée prévenant des risques encourus ? Des indispensables, il y en a plein les cimetières. Vous pensiez vraiment que Google allait durer toute votre vie ? Cette magnifique maison de campagne n’est qu’une résidence secondaire. Si un soir elle prend feu, il ne faudrait pas que nos photos de famille y soit posées sur la commode et que les économies de la famille soit dans une boîte sous le lit.

Faites du web une véritable seconde maison !

La solution reste comme le propose Stéphane Deschamps la méthode du pionier, toujours valable aux balbutiements du web moderne. Réalisez vos sites pour n’être dépendant de personne et vivre le web en toute liberté. Ne venez pas geindre lorsque l’apocalypse des réseaux communautaires aura lieu, personne ne vous entendra.

Un hébergeur, des CMS et votre sueur sur le clavier sont les seuls garants d’une pérénnité virtuelle. Avec le progrès sans cesse grandissant des débits chez les fournisseurs d’accès, les produits tout-en-un de services internet et les systèmes libres, il est même probable que la solution ultime soit l’hébergement de votre frêle maison électronique dans votre maison en brique.

Sur ce, je retourne vérifier mon Gmail sans penser aux lendemains catastrophiques. On ne dira pas que nous n’y avions pas réfléchi.